Un jour nouveau, drame de Reza Mirkarimi, Iran, 2014, 1h24.

Un chauffeur de taxi embarque une cliente qui montre des signes de souffrance : blessée et enceinte, elle semble plutôt avoir reçu des coups. Elle lui indique le chemin pour un hôpital qui n'existe pas. Le chauffeur de taxi est d'emblée décontenancé par les propos-mêmes de la femme qui dit connaître un médecin dans ces lieux-là. Enfin, ils arrivent à l'hôpital où elle lui demande de l'accompagner jusqu'au bureau  car elle ne veut pas entrer seule de peur qu'on lui prête une mauvaise réputation. Loin de l'envoyer dans les roses, le chauffeur de taxi la prend en charge réellement, remplissant les papiers, attendant que les soins lui soient prodigués, etc. Il y passe la nuit. Les médecins, notamment une femme qui dirige, lui demande des détails qu'il ne sait pas donner, ou devient muet faute de réponse. Les femmes le regardent de manière dubitative, pensant que cet homme est nul comme le sont beaucoup d'hommes dans ce pays au point que la chef de service lui dit que l'Iran est un paradis pour des hommes comme lui. Les urgentistes ont constaté que la femme avait été battue et qu'elle souffrait. Une fois, le bébé né, la femme meurt. Le taxi repart chez lui, mais revient dans la nuit, guette les femmes de garde, s'introduit dans la pouponnière et prend le bébé qu'il emporte dans un sac. Lui qui n'a jamais eu la chance dans sa vie d'être dans la salle d'attente d'accouchement, il saisit sa chance : il emporte les preuves du passage de cette femme, emmène son dossier et le bébé chez lui. Un cadeau pour sa femme. Un film qui en dit long sur la condition fragile de la femme en Iran pour peu qu'elle soit fragilisée par son milieu.