cinéma d'auteur

02 décembre 2019

Downton Abbey

Downton Abbey, drame de Michael Engler, Royaume Uni, 2019, 2h02.

Pour ceux qui n'ont pas vu la série en plusieurs épisodes, il ne verra qu'un film sur la noblesse qui reçoit la reine. Pour ceux qui ont vu la série, il en va autrement. On retrouve les personnages les plus emblématiques, qui ont connu tout au long de la série des épreuves, tant au niveau du personnel de service que des personnages de la famille des chatelains. Ce film boucle les histoires de façon positive, tous les mariages prévus se réalisent, l'homo de service trouve en l'une des personnes de l'entourage des souverains un compagnon sûr. Le majordome reprend du service et retourne à sa retraite avec la femme qu'il avait choisi parmi les serviteurs mais qui était après lui la figure emblématique du service. Etc.Une histoire de prince et de serviteurs. Mais, ça repose. 

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soeurs d'armes

Soeurs d'armes, film de guerre de Caroline Fourest, France, 2019, 1h52.

C'est d'abord un village Yezidi tranquille, un champ de coquelicots où jouent une soeur avec son grand frère et le petit. Au village, le père et la mère. Soudain un garçon débouche de la rue et avertit que Daech arrive avec ses fous tueurs dont il faut se protéger. Les habitants comprennent très vite qu'ils ne vont pas s'en sortir, les hommes sont alignés et tués, les femmes triées et réparties par autocar et le village brûlé. La jeune fille est vendue à un lieutenant du commandant, un européen anglais, sanguinaire, qui a droit de vie et de mort sur elle. Cet homme partage une maison avec un autre couple dont la femme ne supporte plus cet Anglais et sera complice de son évasion. La jeune fille réussit à rejoindre les combattantes, s'intégre au groupe et part au combat. Son but : récupérer son petit frère qui a été enrolé et manipulé par le chef de Daech. Entre temps, elle revoit da mère et son frère dans un camp de réfugiés. Elle repart au combat. Ces femmes ont un entraînement sérieux, militaire, par des hommes de leur clan qui les respectent. Dans leur rang on trouve une Palestinienne, une juive, une algérienne entre autres. Elles portent sur elle une balle qu'elles se réservent au cas où elles seraient prises par l'ennemi pour éviter les tortures. C'est le cas de l'une d'elle qui est coincée dans une opération et se retrouve face à Daech. Elle se tue avec une grenade. Mais le combat continue jusqu'à trouver le commandant qui sera exterminé en ayant auparavant demandé au petit frère de se faire exploser avec sa ceinture. En revoyant sa soeur parmi les combattante, il ne déclenche pas la bombe. 

Film fort où les femmes sont sublimées.

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Le temps du ghetto

Le temps du ghetto, documentaire historique de Frédéric Rossif paru en 1961, France, 1h22. Vu au Reflets Médicis à Paris.

On ne l'avait pas revu depuis longtemps, car c'est le plus terrible qu'il soit. Moi je l'avais vu dans les années 70, il me semble. Il a été réalisé à partir des documents allemands trouvés en Allemagne de l'Est, en Pologne, en Israël et en France. C'est l'un des plus terribles qui soit, où les juifs sont battus à la moindre occasion, tués, laissés dans la rue, morts de faim, devant l'indifférence de ceux qui arrivent à survivre plus longtemps. Le ghetto de Varsovie, le plus inhumain, le plus grand, le plus incroyable. Les enfants qui sont attrapés à transporter des pommes de terre ou autres vivres sont obligés de vider leurs poches, et leur débrouillardise n'a d'égal que leur malheur, leur survie car la plupart sont déjà orphelins ou vont l'être. Les morts jonchent les rues, on les ramasse à la pelle mais ils sont dépouillés de tout ce qui peut se monnayer et donc sont souvent nus. Terrible.

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Warrior women

Warrior women, documentaire d'Elisabeth Castle et Christina D.King, EU, 2018, 1h05.

Madonna Thunder Hawk, une des fondatrice de l'American Indian Movement. Sa vie, ses luttes, pour le peuple natif, les indiens d'Amérique aujourd'hui. 

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L'angle mort

L'angle mort, drame de Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic, France, 2019, 1h44, avec Isabelle Carré, Jean-Christophe Folly, Golshifteh Farahni.

Un homme, Dominique Brassan, emballe des guitares dans leur boîte en carton. C'est son job. Il a une vie simple, habite Place des Fêtes à Paris, voit une amie qui semble l'aimer sans que cela provoque chez lui des envies de stabilité affective avec elle. Tout cela paraît normal et à plus d'un titre sans histoire. Et c'est un peu là le problème du film. Puis on voit cet homme, qui au demeurant est noir, souffrir, se deshabiller, se pencher au-dessus d'un lavabo en émettant des sons de souffrance, et disparaître à notre vue. Puis, la caméra déambule dans les rues sans lui. On comprend qu'il est invisible. Tout cela ne le rend pas heureux, cet homme.Il rencontre sa mère qui lui demande s'il fait toujours l'invisible. Il utilise ce don un peu au hasard, on ne comprend pas pourquoi il décide de le mettre en pratique à un moment donné, à la grande stupeur de sa copine qui ne comprend pas ses disparitions soudaines, par exemple au milieu d'une fête. A la fin, il rencontre une guitariste aveugle incarnée dans ce rôle par Golshifteh Farahni, qui sent sa présence sans avoir besoin de le voir. Voilà. C'est parfois long, il n'y a pas d'action ou d'intention, on ne sait pas vers où l'on va, on suit l'idée romantique après tout de traiter de l'invisible, de l'indifférence des gens.

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29 novembre 2019

Thalasso

Thalasso, comédie de Guillaume Nicloux, France, 2019, 1h33, avec Gérard Depardieu et Michel Houllebecq, Maxime Lefrançois.

Dans un centre de thalasso, on voit ces deux personnages en train de s'infliger un traitement qu'ils ne supportent pas. Pourquoi sont-ils donc là ? Histoire d'une rencontre insolite entre deux personnes qui font rire au début. Mais très vite, ça tombe à plat, il n'y a aucun projet d'histoire, de film tout court et on se demande pourquoi ça dure si longtemps. Depardieu fait son cinéma, il fume en cachette dans un coin secret, boit du vin, fait l'inverse de ce qu'il doit faire. Houllebecq grogne, mécontent, vexé de subir les restrictions bien que sa femme que l'on voit au début lui dit que c'est pour son bien. Bref, une connerie.

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Mon chien stupide

Mon chien stupide, comédie de Yvan Attal, France, 2019, 1h46., avec Charlotte Gainsbourg, Yvan Attal et leur fils Ben Attal.

Si vous n'aviez pas lu le livre de Joe Dante, le film est à son image. On rit beaucoup et c'est un vrai bonheur. Yvan Attal est d'ailleurs quelqu'un de drôle qui a beaucoup d'humour.  Le film commence par une scène d'ennui où en tant qu'écrivain, il s'ennuie, ne trouve aucune idée valable, sa femme se bourre de médicaments, ses enfants n'en ont que faire de leurs parents quand soudain arrive un énorme chien rentrant par la fenêtre laissée ouverte qui donnait sur leur jardin. Très belle demeure, riche, témoin de ses droits d'auteur qui l'ont fait couler plutôt que s'épanouir en tant qu'écrivain. Le chien s'installe tout de suite sur le canapé en cuir marron. La femme se dit que si elle lui donnait à manger ou qu'elle lui faisait miroiter un repas, il la suivrait pour le conduire dehors. Manque de pot, le chien se laisse approcher de près, et d'un coup de patte, fait tomber le plat de gratin sur le canapé pour ensuite le manger goulûment au grand dam des parents interloqués. Rien n'y fera, le chien demeure dans la maison. Si bien que tous se divisent, partent dans tous les sens alors que l'écrivain se met à observer ce chien qui semble l'apprécier, lui. Ainsi naît un attachement à ce chien, le seul être vivant qui lui témoigne de la tendresse ou de la reconnaissance et qu'il décide donc de garder en dépit des menaces proférées par sa famille. C'est cocasse et amusant. On passe un bon moment à rire.

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J'accuse

J'accuse, drame de Roman Polanski, France, 2019, 2.12h., avec Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner, Mathieui Almaric, Grégory Gadebois et Melvil Poupaud.

L'affaire Dreyfus revisitée du point de vue du colonel Picquart qui cherche la vérité. La cour de l'hôtel des Invalides donne la dimension du drame. Les soldats sont placés tout autour et attendent l'arrivée de l'accusé. Des pas raisonnent et Dreyfus avance dans son uniforme et ses grades. Il est peu à peu défait de ce qui représentait à ses yeux le mérite militaire mais aussi l'inscription dans la société française, son intégration. L'humiliation qu'il subit est le résultat d'un antisémitisme virulent qui se développait à l'époque, à la suite des écrits empoisonnés datant de 1865 "La France juive" , des pamplets sur le complot judéo-maçonnique qui avait fabriqué la République, des Protocoles des sages de Sion, etc, on dirait aujourd'hui des fake news. Mais aussi de toute cette empreinte de conquête coloniale qui renforçait l'idée de supériorité des uns sur les autres. Et qui était aussi la Belle époque, des villes illuminées par l'électricité, de la montée de la grande et de la petite bourgeoisie, des grands magasins, de la consommation, des voyages, des bains de mer. Une époque qui découvrait le monde. Et dans tout cela, des vieux démons entachaient la société qui ne pensait qu'à prendre sa revanche après la défaite de Sedan et l'abolition de la monarchie. La mise en place de réseaux d'espionnage date de Napoléon, mais a pris une ampleur considérable avec l'avènement de la France industrielle, des voyages en trains, en somme de la rapidité, du téléphone, de l'invention de la voiture, du début de l'usage de la bicyclette. Les pays ennemis s'observaient. Entre l'Allemagne et la France, des comptes étaient à régler. Des courriers compromettant furent imputés à Dreyfus, on ne sait pourquoi au juste. Parce qu'il était juif, tout simplement, ou est-ce que c'était plus compliqué ? Le colonel Picquart est muté au service du renseignement où il succède à celui qui a dénoncé Dreyfus. Le service est aux mains d'anciens complices de malversations diverses qui ne sortent les pièces d'archives qu'au compte gouttes, le dossier Dreyfus n'a que trois feuillets comme preuve de sa trahison. C'est un peu léger au vu de la condamnation à l'île du Diable où il est soumis à diverses humiliations comme celle d'être maintenu aux pieds par des fers pour passer la nuit, de ne parler à personne, même pas aux gardiens, etc, de se nourrir comme il peut. Terrible punition pour celui qui n'a jamais livré de documents français à l'nnemi. Le colonel Picquart ne croit pas à la culpabilité de Dreyfus : il fut son professeur à l'école militaire et connaît l'homme. Et il va démontrer durant tout le film qu'il n'est pas coupable et le réhabilite dans son grade. Picquart entre temps était parti de l'armée et à la fin du film, on le voit en tant que ministre recevoir Dreyfus qui lui réclame un avancement. 

Superbe film d'un véritable artiste qu'est Roman Polanski.  

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L'audition

L'audition, drame de Ina Weisse, Allemagne, 2019, 1h37. Avec Nina Hoss, Simon Abkarian pour ceux que je connais.

Nina Hoss joue le rôle d'une professeure de violon qui entraîne un élève vers l'excellence d'un concertiste. C'est une femme sensible qui a ue relation avec un de ces collègues, violoncelliste. Son mari, joué par Simon Abkarian, est luthier. Leur fils Jonas doit jouer du violon alors qu'il ne veut que jouer au Hockey. L'ambition de cette femme n'a pas de limite si bien que de fil en aiguille, ça dérape de tous les côtés. Son couple bat de l'aile, le jeune homme n'en peut plus de sa rigueur, son fils ne veut plus aller à l'école, son mari est exaspéré. Finalement, le jeune homme la fuit, elle refuse de continuer avec son amant, son fils ne va plus à l'école, son mari lui demande des comptes. On voit bien que l'attitude excessive de cette femme n'est pas vécue sereinement et personne de son entourage ne supporte ces excès incompréhensibles. Tout vient du fait qu'elle n'a pas réussi à être concertiste, et elle s'en aperçoit lorsque son amant l'introduit dans un groupe de musiciens pour jouer ensemble sur scène : elle en perd son archer et fait interrompre le concert. Terrible défaite qui montre la frustration dans laquelle elle a vécu en croyant pouvoir être une concertiste. Elle a trop d'émotion pour cela et n'y arrive pas. Elle fait peser sur les autres toutes ses frustrations.

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Le char et l'olivier

Le char et l'olivier, une autre histoire de la Palestine, film documentaire de Roland Nurier, France 2019, 1.41h.

film très émouvant. Mais il faut diversifier ses sources pour comprendre les points de vue. Cependant, les Palestiniens ont réellement été envahis dès 1891 par des juifs de Russie qui ne les ménageaient pas alors que la torah enseigne le contraire. Le conflit israëlo palestinien date de cette époque où les relations, au lieu d'être pacifiques, ont dégénéré en un combat douteux. En tant que Français, on ne peut rien dire d'exemplaire après les années de colonisation en Afrique et l'humiliation que nos ancêtres ont fait subir aux populations. Le fait est qu'aujourd'hui, il y a un peuple installé en Israël et que la solution doit être trouvée pour pacifier les échanges. Un pays à deux états alors qu'il n'est pas plus grand qu'une région française, ça fait rire. Mais si chacun reste sur ses positions, il est bien évident que c'est la seule solution.

La terre d'Israël devrait être une terre de paix, celle des religions du Livre. A quoi servent les études si c'est pour être sans cesse en conflit. Cela étant, plus d'un siècle de colonisation laisse des traces profondes dans l'éducation des gens, que ce soit du côté israélien ou palestinien, la haine de l'autre, la méfiance, le refus de le reconnaître, etc. Il se passe pourtant des événements positifs : la marche des femmes par exemple qui tous les ans se déroule du nord au sud menée par des juives et des arabes qui réclament la paix, le cessez le feu pour que leurs enfants ne soient pas tués. Toutes les familles ont aujourd'hui enterré un membre de leur famille mort sur le terrain. C'est assez insupportable. Un jour ou l'autre, ils devront bien cesser ces altercations sanglantes. Qui fera le premier pas ? C'est toute la question. Parmi les Juifs d'Israël, il n'y a que les religieux qui font beaucoup d'enfants. Ils ne sont que 10%. Ils ne pourront jamais rivaliser avec les Arabes qui font tous au moins 4 à 5 enfants en moyenne. Et s'ils ont le droit du retour, ils dépasseront de loin les Juifs installés. Alors quelle est la solution ? 

Dès le départ, les premiers arrivés de Russie auraient dû vivre en paix avec les habitants. Les Juifs vivant depuis la nuit des temps sur la terre d'Israël entretenaient des relations pacifiques avec les Arabes. Ils étaient peu nombreux, mais la constitution d'un foyer juif aurait été suffisant. Faire un état juif a été la plus grande erreur. Israël doit être un pays démocratique et laïc, il l'est plus ou moins dans la mesure où sont représentés à la knesset tous les partis des différentes religions (car il faut avoir une religion déclarée pour être en Israël !). Et si on effaçait tout et on recommençait ? Isaac Rabin a bien essayé, mais les temps ont changé, on peut à nouveau se dire qu'en ouvrant les frontières de Gaza, en faisant tomber les murs en Cisjordanie, etc, les Palestiniens ne vont pas tout casser. Ils s'adapteront et travailleront, c'est ce qu'ils veulent. Ils seront éberlués par cette générosité et vivront enfin en paix. Non ?

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