cinéma d'auteur

18 septembre 2017

Petit Paysan

Petit paysan, drame d'Hubert Charuel, France, 2017, 1h30.

La campagne française, une ferme familiale, celle du réalisateur. Le fils reprend la ferme familiale, la soeur est vétérinaire, à l'époque de la vache folle, une épidémie qui a décimé de nombreux troupeaux en Europe. 25 vaches laitières à soigner tous les jours, avec passion par le fils. Ses copains, paysans comme lui sont dans le même circuit. Ils sont informés de l'épidémie et lui ne veut pas y croire. Une jeune fille, la boulangère, aimerait sortir avec lui, lui rendre service en dehors de son travail, mais il ne veut rien entendre dès l'instant où une de ses vaches est atteinte de la maladie. Il n'a pas le temps, il lui faut réfléchir à une stratégie pour dissimuler la bête, ne pas contaminer les autres. Il l'a prend à part et la tue avec beaucoup de douleur. On sent cet homme souffir de devoir la tuer et de ne pas savoir comment s'y prendre. Il y arrive pourtant, va chercher un engin pour la porter dans un endroit où il va la brûler. Ensuite, il peut sortir avec cette boulangère. Pourtant, leur rencontre n'aboutit pas, il est trop préoccupé par le reste de son troupeau. Une inspection laitière passe et  l'agent s'étonne de ne pas voir ladite vache. Il lui dit : elle s'est sauvée. Alors il faut aller chez les gendarmes sinon vous risquez gros. Chez les gendarmes, il leur raconte son histoire mais les gendarmes ont l'habitude qu'on accuse les gitans voleurs de quads et maintenant de vaches ! Une autre vache a la maladie, elle saigne. Il n'hésite pas, la tue à coups de fusil, l'enterre dans un endroit en y jetant de la chaux vive et de la paille pour recouvrir. Un petit père a tout vu, mais ne dira rien. La mère de famille s'étonne du comportement de son fils, de la disparition de la première vache. Pour la seconde, il va en emprunter une chez un de ses voisins qui va aussi à la gendarmerie la déclarer disparue. Mais la soeur veille et devient complice jusqu'à un certian point. C'est un film qui insiste sur la souffrance de cet homme avec ses bêtes qu'il ne veut pas perdre, qui va se battre au point de laver un de ses derniers veaux et l'installer sur son canapé. Malheureusement, il y passera comme les autres bêtes.

Un film très émouvant sur la vie des paysans, leur attachement aux bêtes, leur travail quotidien, leur engagement. 

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Les Proies

Les Proies, drame de Sofia Coppola, E.U., 2017, 1h31, avec Nicole Kidman, Colin Farrell, Kirsten Dunst (pour les plus connus).

Une petite fille pendant la guerre de Sessession aux E.U. découvre en cueillant des champignons un homme, un soldat, blessé près d'un arbre. Ce n'est pas un Sudiste, mais un Unioniste, déserteur blessé qui ne veut plus retourner au champ de bataille. Pauvre et sans argent dans le civil, il s'était fait acheté par un privilégié qui ne voulait pas partir à la guerre. Il découvre qu'il n'a rien à voir dans ce conflit et s'en retire tout en risquant sa peau. La petite fille l'accompagne comme elle peut en le soutenant jusqu'à la pension de jeunes filles qui est restée ouverte et en place malgré le conflit, dirigée par une directrice ferme  et rigoureuse et une préceptrice, les deux femmes de la pension. Les autres sont des adolescentes et enfants. Mais toutes s'empressent autour du blessé qui ne laisse aucune d'entre elles indifférente. De là naissent des désirs qui conduisent à des incertitudes, des jalousies et la déraison. Le blessé n'est pas prêt de s'en sortir et d'ailleurs, il ne s'en sort pas. 

Un film de filles, magnifique, des vues sublimes, enchanteresses, un film esthétique, un peu court.

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Un vent de liberté

Un vent de liberté, drame de Behnam Behzadi. Iran, 2016, 1h24.

En Iran, une famille est confrontée à la maladie de la mère qui vit avec une de ses filles. Cette fille est entrepreneur et célibataire. Sa soeur et son frère en charge de famille la désignent pour s'en occuper à la campagne où elle doit séjourner désormais, l'air de Téhéran étant trop pollué. Elle doit donc laisser tomber son affaire de couture et partir de Téhéran. Mais son consentement est de courte durée et la fait réfléchir. Elle ne se laisse par faire surtout que son frère veut louer l'atelier de sa soeur et se rembourser de la participation financière dans laquelle il s'est engagé avec l'autre soeur. Pourtant, ils n'auront pas raison et elle finira par retomber sur ses pieds, faire travailler son atelier à l'aide d'associées et s'occuper de sa mère tout en recevant une aide financière des deux autres enfants.

Film qui montre la condition des femmes en Iran où le célibat d'une femme est mal compris surtout s'il existe malgré les pressions familiales. Le combat d'une femme libre.

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Le Caire confidentiel

Le Caire confidentiel, policier de Tarik Saleh, 1h46, 2017.

Un couloir de l'hôtel Hilton au Caire. Une femme de chambre soudanaise entend des cris sortir d'une chambre. Peu après, elle entend la porte s'ouvrir. Elle se cache dans un recoin et apercevoit un homme en sortir. Une fois son service terminé, elle rentre chez elle. Une femme est retrouvée morte dans la chambre, la gorge tranchée. La femme de chambre n'est pas témoin du meurtre de la chanteuse, elle a assisté au défilé des hommes qui se sont succédé dans la chambre en question, soit l'amant, député et riche, le photographe, le flic des services spéciaux chargé d'éliminer les encombrants.  Un flic veut en savoir plus pour son malheur. Il retrouve la petite Soudanaise et lui donne de l'argent pour se sauver. 

Film lourd sur la pauvreté, la corruption normalisée, une justice inexistante et les sentiments car le député aimait cette femme, c'était la mauvaise femme à aimer. 

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10 juillet 2017

Vers un destin insolite sur les flots bleus de l'été.

Vers un destin insolite sur les flots bleus de l'été. Comédie dramatique de Lina Wertmüller, Italie, 1974, 1h56.

Une riche bourgeoise loue un voilier avec capitaine et matelots pour une croisière autour de l'Italie et des îles environnantes. Quatre couples  se partagent le quotidien fait de farniente et de parties de cartes. Ils parlent de politique, se chamaillent. Les femmes se dénudent volontiers devant les yeux exhorbités des marins, machos, communistes, et peu habitués à être confrontés à ce type de personnes. Un jour, une expédition est programmée pour aller visiter des grottes. La femme qui a loué la croisière n'est pas prête et préfère se prélasser, mais au bout d'un moment, elle demande au capitaine de mettre un canot à l'eau et de lui donner un matelot pour la conduire à l'île. En chemin, le matelot lui recommande de faire demi tour, la nuit va tomber, la tempête se lève. La femme ne veut rien entendre. Le canot tombe en panne, la femme exaspérée. Ils passent la nuit en mer, en panne. Le matelot tente de pécher au bout de la deuxième journée, attrape un poisson qu'il dépèce pour l'offrir à la femme qui dégoûtée le jette à la mer. Ils ne sont pas repérés par des bateaux qui passent au loin, lorsqu'une terre se profile à l'horizon. Ils débarquent dans l'île, mais elle est vide d'habitants. Là commence un jeu où le marin tire son épingle du jeu : il sait se débroiuiller pour survivre, qu'en sera-t-il de la femme qui rejette tout. Le marin est loin de pouvoir la séduire, il emploie la force et l'entraîne dans son délire sexuel amoureux, la rendant dépendante et amoureuse, lui jurant un amour éternel qu'il met à l'épreuve en signalant leur présence à un bateau qui passait non loin de là, en allumant un feu nourri. Mais voilà, la riche bourgeoise se plie aux normes et rejoint son mari, laissant le marin dans son milieu.

un film qui retrace une époque où les rapports hommes femmes étaient d'une inégalité criante, où le divorce n'existait pas encore en Italie, pays où la morale de l'Eglise était toute puissante, les machos et la jalousie allaient de pair avec une société qui essayait de s'aligner économiquement avec les autres pays de l'Europe.

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Un jour nouveau

Un jour nouveau, drame de Reza Mirkarimi, Iran, 2014, 1h24.

Un chauffeur de taxi embarque une cliente qui montre des signes de souffrance : blessée et enceinte, elle semble plutôt avoir reçu des coups. Elle lui indique le chemin pour un hôpital qui n'existe pas. Le chauffeur de taxi est d'emblée décontenancé par les propos-mêmes de la femme qui dit connaître un médecin dans ces lieux-là. Enfin, ils arrivent à l'hôpital où elle lui demande de l'accompagner jusqu'au bureau  car elle ne veut pas entrer seule de peur qu'on lui prête une mauvaise réputation. Loin de l'envoyer dans les roses, le chauffeur de taxi la prend en charge réellement, remplissant les papiers, attendant que les soins lui soient prodigués, etc. Il y passe la nuit. Les médecins, notamment une femme qui dirige, lui demande des détails qu'il ne sait pas donner, ou devient muet faute de réponse. Les femmes le regardent de manière dubitative, pensant que cet homme est nul comme le sont beaucoup d'hommes dans ce pays au point que la chef de service lui dit que l'Iran est un paradis pour des hommes comme lui. Les urgentistes ont constaté que la femme avait été battue et qu'elle souffrait. Une fois, le bébé né, la femme meurt. Le taxi repart chez lui, mais revient dans la nuit, guette les femmes de garde, s'introduit dans la pouponnière et prend le bébé qu'il emporte dans un sac. Lui qui n'a jamais eu la chance dans sa vie d'être dans la salle d'attente d'accouchement, il saisit sa chance : il emporte les preuves du passage de cette femme, emmène son dossier et le bébé chez lui. Un cadeau pour sa femme. Un film qui en dit long sur la condition fragile de la femme en Iran pour peu qu'elle soit fragilisée par son milieu.

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La Madre

La Madre, drame d'Alberto Morais. Espagne 2016, 1h29.

Un garçon de 14 ans se débrouille pour trouver à manger tous les jours et accepte les sandwichs de ses copains de collège dont l'un d'entre eux est un indéfectible ami. Rentrant chez lui, sa mère arrive sans lui dire bonjour, va sur le lit, se deshabille et ne répond pas à ses questions concernant l'emploi dont elle lui avait parlé. On sent bien que le désespoir est au rendez-vous sans pour autant peser sur le moral du jeune homme qui ne désespère pas. Et pourtant, les éducateurs qui le cherchent, la directrice du collège qui essaie d'en savoir plus, rien ne l'arrête jusqu'à ce qu'il comprenne par lui-même que rien n'est facile. Il va fureter du côté de la famille de sa mère qui le rejette tout en lui permettant de travailler. Il fait alors connaissance avec une femme qui tient un commerce et lui fait confiance, à tord, puisqu'il la trompe en la volant. Rien n'étant plus possible, il retourne chez sa mère et comprend que le foyer qu'il a déserté est  le seul endroit possible pour lui et de fait, il y retourne. Drame saisissant qui montre qu'il n'y a pas que les dérives de la drogue qui plonge une famille dans la misère morale, mais bien d'abord, un désert affectif. 

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26 mars 2017

Zona Franca

Zona franca, drame de Georgi Lazarevski, France, 2015, 1h40.

La Terre de Feu, une terre d'aventure rêvée par les touristes qui viennent faire du trecking et n'ont que faire des gens de cette terre. Eux luttent pour leur pouvoir d'achat et manifestent contre le prix du gaz qui augmente alors que sont creusés de nombreux puits d'extraction de gaz de schiste. Ces nouveaux puits cassent le pays en sous-sol et lorsqu'ils l'auront épuisé, ils seront fermés et le pays sera à terre une fois de plus. Le pays a été saccagé tout au long de l'histoire des hommes qui l'ont colonisé : morts de milliers d'Indiens  dans les mines, et mort de milliers d'ouvriers dans les grands abattoirs et les frigos qu'on voit en ruine. Des friches industrielles devant ce si beau pays aux remarquables paysages, ceux qu'on ne voit pas dans les documentaires et c'est à ce titre que ce film se veut exemplaire. Mais les pauvres, personne ne les voit, personne ne veut les entendre, en tout cas pas les touristes qui refusent de se laisser entraîner dans une réflexion sur la vie de ces gens simples. 

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25 mars 2017

Le secret de la chambre noire.

Le secret de la chambre noire, film fantastique et de fiction, de Kiyoshi Kurosawa, japonais-français, 2016, 2h11. Avec Tahar Rahim, Olivier Gourmet, Florence Rousseau, Mathieu Amalric, Malik Zidi, Vaérie Sibilia.

Stéphane, un photographe vit son métier de façon obsessionnelle, demande à sa fille de tenir des pauses interminables car il expérimente ou plutôt essaie de refaire le parcours d'un photographe qui utilisait les premières techniques de daguerréotypes. Et lui veut immortaliser les portraits sur des grands formats ce qui demande à la jeune fille des efforts surhumains. Son assistant vieillissant ne peut plus suivre le rythme et les efforts. Le photographe est forcer d'en recruter un mais il lui demande surtout de ne pas avoir d'expérience en la matière. Ce à quoi correspond Jean, le jeune homme qui arrive pour la place étonné de ne voir personne d'autre se présenter. Il remarque Marie, une jeune fille en robe longue en haut des marches de l'atelier. S'il en tombe amoureux, il attend que ce soit la jeune fille qui fasse le premier pas. Ce qui ne tarde pas. Elle lui fait découvrir la serre où elle cultive des fleurs rares. Son père n'est pas du tout enchanté de leur liaison et des visions de sa femme défunte le hantent si bien qu'il voit son fantôme apparaître dans l'atelier. Jean et Marie décident de partir vivre leur vie en ville. Au bout d'un certain temps, elle lui échappe et devient elle aussi un fantôme.

 

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LION

Lion, drame de Garth Davis, Australien, 2016, 1h58. Avec Nicole Kidman.

Quelque part en Inde du nord. Deux enfants dont l'un est presque adolescent se retrouvent sur un train transportant du charbon. Ils remplissent leurs besaces et revendent leur chapardage à un marchand sur un des marchés d'un village. Le petit convoite des patisseries mais ils obtiennent deux sacs de lait qu'ils rapportent fièrement à leur mère qui se préparait à partir à son travail, c'est-à-dire celui de ramasser des pierres. Pauvres parmi les plus pauvres, leur vie n'est que misère, mais ils ont le courage de la gagner. La petite soeur leur est confiée quand la mère n'est pas là. Le plus grand compte repartir chercher un autre boulot et laisser son frère avec elle. Mais voilà que le petit ne veut pas. Il lui démontre qu'il a autant de force que lui et l'autre se laisse convaincre. Arrivés sur les lieux de rendez-vous, personne ne les attend. Le grand demande à son frère de l'attendre sans bouger sur un banc, et part à la recherche de quelque chose. C'est la dernière fois qu'ils se virent. Le petit, Saroo comme il s'appelait et qui signifie Lion, a cinq ans. Il se réveille dans la nuit et ne patiente plus. Il monte dans un train et s'endort dans un compartiment. Il se réveille à 1700 kms plus loin, ne sachant pas prononcer correctement le nom de son village et personne ne sait comment l'aider, sauf à l'envoyer dans un orphelinat dont il s'échappe. Repris, il sera éduqué et adopté par un couple riche en Tasmanie. Des gens qui ont refusé de faire des enfants et préféré adopter ceux qui n'ont pas de famille. Le couple reçoit quelques temps après un autre enfant du même orphelinat, mais lui ne s'adapte pas et refuse tout compromis. 

A 25 ans, Saroo part à Sidney faire une école d'hôtellerie. Il va dire au revoir à son frère qui a décidé de vivre sa vie, loin d'eux, sous une tente, sans aucune aide, vivant de drogue et d'expédients. A Sidney, il rencontre un autre élève indien, adopté comme lui qui lui demande d'où il vient. Il ne sait pas exactement mais au cours d'une soirée, il voit les mêmes pâtisseries de son enfance, celles qu'il n'avait pas pu s'acheter avec son frère. Là commence une quête terrible sur ses origines, accompagnée de sa copine. Il abandonne ses études et réussit à retrouver sa mère après bien des péripéties. Il apprend que son grand frère est mort le jour même de sa disparition, emporté par un train. Sa soeur et sa mère sont toujours vivantes, ont déménagé mais sont toujours pauvres. Il décide de rester en Inde et de les aider.

80.000 enfants se perdent chaque jour, disparaissent, sont vendus, adoptés ou pire. 

 

 

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