cinéma d'auteur

09 juillet 2019

Hiroshima, mon amour

Hiroshima, mon amour, pièce de Marguerite Duras, adaptée de Bertrand Marco, avec Fanny Ardant, seule en scène.

thèâtre des Bouffes Parisiens, rue Monsigny. (très beau théâtre, mais comme l'Espace Pierre Cardin où se produisait Isabelle Huppert, pas de climatisation !). L'actrice seule en scène, toute de noir vêtue (comme à l'accoutumée), tient près d'une heure; une voix off dialogue avec elle. Je ne reviens pas sur le sujet de la pièce, il est trop connu, mais on apprécie ici un certain rappel de l'horreur le 8 août à Hiroshima. 

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Mary said what she said.

Mary said what she said, pièce de théâtre où Isabelle Huppert, seule en scène tient une heure et demie face au public. Pièce de Darryl Pinckney et mise en scène de Robert Wilson.

Magnifique, on ne peut pas dire mieux. D'Isabelle Huppert, la performance est incroyable, phénoménale, une élocution digne des plus grands, sans répit et en plus elle danse et se donne entièrement habitée par son personnage. En plus, j'ai vu la pièce le 6 juillet à 16 heures, dans une chaleur absolue : la salle n'est pas climatisée, dehors, il faisait + de 30°C. Je me demande comment l'actrice a tenu le coup. 

C'est l'histoire de Mary Stuart, reine déchue qui va être exécutée. Je n'en dis pas plus.

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Parasite

Parasite, thriller du coréen Bong Joon-Ho, 2019, 2h12. Palme d'or à Cannes 2019.

S'il y a bien un film à voir, c'est celui-là. Partant d'un portrait de gens pauvres vivant d'expédients, habitant un entresol insalubre, l'auteur en fait les acteurs d'une histoire rocambolesque mais qui se tient avec une intrigue remarquable d'un bout à l'autre du film. La famille se compose de 4 membres, père, mère, fils et fille. Un jour, le fils reçoit une proposition d'un de ses amis qui lui propose de le remplacer dans un poste de prof d'anglais auprès d'une riche jeune fille. Son frère  par ailleurs dessine et peint des oeuvres très remarquée par sa mère qui en est fière mais mécontente de la prof de dessin. Le nouveau prof d'anglais introduit alors sa soeur comme art thérapeute. Le père n'ayant toujours pas de travail, le fils imagine que le chauffeur attitré de l'industriel n'est pas correct et fait en sorte qu'il soit renvoyé. Son père prend alors la place du chauffeur. Reste la gouvernante qui règne sur la maison et surveille tout. La famille imagine qu'elle doit partir pour laisser la place à la mère. Cette gouvernante est allergique aux pêches qui provoquent chez elle des crises de toux au point de ne plus pouvoir respirer. La fille, prof de dessin, lui envoie derrière sa tête des poils recueillis sur la pêche et la femme perd ses moyens devant la maîtresse de maison qui convient qu'elle est au plus mal et doit être remplacée (le père entre temps fait couler un produit rouge sur les mouchoirs jetés dans la poubelle, ce qui contribue à faire croire à un cas de turberculose aiguë). Donc, elle est virée. Arrive la mère et voilà la famille installée en à peine un mois de temps. L'industriel trouve que ces gens ont tous le même odeur, un peu celle qu'on sent dans le métro et leur en fait la remarque. Le père, chauffeur, en est très vexé. Un jour, les riches partent en camping tous les quatre. Du coup, la famille pauvre en profite pour faire une fête à tout casser et on se doute bien qu'il va y avoir un événement qui va arriver. Pas tout à fait celui qu'on attend, mais un autre et aussi celui qu'on attend.

Je vous laisse découvrir le reste du film, la partie la plus incroyable et la plus sophistiquée avec son dénouement digne des plus grands écrivains. 

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24 juin 2019

Un havre de paix

Un havre de paix, drame israëlien de Yona Rozenkier, 2018, 1h30.

Trois frères se retrouvent dans le kibboutz de leur père qu'ils viennent enterrer. On entend au loin des bombardements, des tirs. Le kibboutz est presque vidé de ses habitants, restent les anciens qui ne partent pas et quelques jeunes qui s'ennuient et se divertissent dans le pub du kibboutz. Les trois frères ont des expériences différentes. Le dernier n'a pas encore connu l'armée, la guerre qui a eu sur le premier d'entre eux un effet dévastateur puisqu'il est en état de choc post traumatique alors que l'autre pense que le petit dernier doit faire ses armes qui vont l'endurcir. Un portrait presque caricatural des habitants du pays toujours en état de guerre permanent aux frontières. Ce qui est émouvant car dans le même temps, deux soldats viennent annoncer à une famille qu'elle a perdu son fils. La dure réalité de ce pays qui contraste avec la vie à Tel Aviv ou même à Jérusalem. Et puis, il y a le testament du père qui bouleverse leur vie. Ils partent à la recherche de la grotte où sont déposés les membres du corps du père tel qu'il l'a voulu. il faut plonger dans la mer et entrer dans un long tunnel pour atteindre une cavité, ce que fait allègrement le dernier des fils alors qu'il manque d'entraînement, mais il réussit à trouver la caverne et les membres du père déposés sur un promontoire. Les deux autres le rejoignent et repartent vers le kibboutz. Quelque chose bouge parmi les pousses de maïs. Un sanglier qu'ils arrivent à rattraper et à tuer, puis à partager avec la communauté qui n'a rien de religieux et qui est menée par une ancienne femme, de grande taille, immense et costaud, une pionnière. A se promener dans ce havre de paix, ils rencontrent les autres jeunes ou autres enfants adultes qui passent le temps à s'enterrer dans le sable ...

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21 juin 2019

Greta

GRETA, Thriller de Neil Jordan, E.U. 2018, 1h38, avec Isabelle Huppert.

Film choc, absolument stressant, on en ressort très marqué. C'est l'histoire d'une femme qui laisse un de ses sacs très chics dans une rame de métro avec dedans de l'argent, une pièce d'identité, une plaquette de médicament et peut-être autre chose. La jeune fille qui va le trouver et qu'on voit le ramasser n'est autre qu'une serveuse de restaurant, très jolie, qui rapporte ce sac chez elle où sa co-locataire lui déconseille de le rendre. Oui, mais voilà, elle décide de se la jouer honnête et d'aller rapporter le sac à l'adresse indiquée. Situé dans une impasse des beaux quartiers de Manhattan, l'appartement de la propriétaire se présente comme un havre de paix où il fait bon jouer du piano et boire un thé sur des canapés confortables. Dès qu'elle voit la jeune fille, Greta (Isabelle Huppert) l'invite à boire un café et s'intéresse à elle, apprend qu'elle a perdu sa mère, lui demande son numéro de téléphone, etc. Commence alors à partir de là, une poursuite incessante. Greta exige que la jeune fille lui réponde, elle invite Frances à un dîner chez elle qui découvre une armoire où d'autres sacs attendent d'être déposés à leur tour pour attirer ses victimes. Frances comprend et s'en va, décidée à ne plous la revoir, sauf que c'était sans compter avec les obsessions de Greta qui va la harceler, se planter devant son restaurant jusqu'à ce qu'elle appelle la police qui lui dit ne pouvoir rien faire. Elle la poursuit nuit et jour, téléphone sans cesse, fait une scène épouvantable dans le restaurant en l'appelant "chérie", lui interdit de l'éviter car elle l'aime. Greta campe un personnage de folle totale, délirante, obsessionnelle, déterminée. La co-locataire de Frances lui conseille d'aller la voir pour la raisonner. A ce moment-là, Greta lui faire boire un café drogué et l'enferme dans la cagibi situé derrière le piano. On ne la trouvera plus. Un détective est sur sa piste lancé par le père de Frances. Malheureusement, il se fait tuer par Greta qui n'est pas dupe lorsqu'elle le voit et l'enferme dans une horrible cave où se trouvent d'autres cadavres. C'est alors que rentre en jeu la co-locataire de Frances qui joue les ingénues à son tour et rapporte un sac à Greta qui lui offre un café, sauf que là, elle arrive à neutraliser Greta en mettant dans son café une dose mortelle de drogue. Elle va ensuite découvrir Frances dans le cagibi et la police arrive. Fin du cauchemar.  Performance d'Isabelle Huppert une fois de plus dans un rôle jusqu'auboutiste, comme on l'a déjà vue dans Chocolat de Chabrol par exemple. Tous ses rôles sont effrayants et c'est à se demander qu'elle est cette part d'elle-même qu'elle évacue à chaque fois.

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04 juin 2019

Le jeune Ahmed

Le jeune Ahmed, drame des frères Dardenne, 2019, 1h24. Film primé à Cannes.

Ahmed, 13 ans, prie, s'isole, emporté par ses croyances excessives, retrouve son immam régulièrement qui le conseille. Une professeure veut donner des cours d'arabe pour se débrouiller dans le quotidien. Il la traite d'apostat car il faut apprendre l'arabe uniquement pour lire le Coran. De là, vont découler des attitudes que même l'immam réprouve en citant un verset du Coran où il est dit qu'il faut tuer l'impur si c'est une période de djihad. Or le gamin ne veut rien savoir, et tente de tuer. L'immam entraîne le gamin à la police qui le retire de la circulation. Il est mis dans une ferme avec un éducateur dédié qui le suit pas à pas. Il semble s'intégrer aux travaux de la ferme, donner à manger aux animaux, etc, en même temps qu'une jeune fille qui comme lui est surveillée. A un moment, elle l'embrasse sur la bouche. Ce qui le met hors de lui et se sent impur. Dans sa famille, frère et soeur ainsi que la mère sont mis à l'épreuve. Il traite sa mère d'alcoolique et refuse toute marque de tendresse. Rebelle jusqu'au bout. Finalement, au cours d'un transit, il s'échappe et rejoint l'arrière de la maison de la professeure avec beaucoup de mal mais tombe d'un toit et cloué au sol. Elle le retrouve et à ce moment-là, parce qu'elle le sauve, il lui demande pardon d'avoir essayer de la tuer, alors qu'il a encore sur lui un crochet avec lequel il semblerait qu'il avait encore envie de passer à l'acte.

Film très fort et impressionnant, à l'atmosphère oppressante. 

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Passion

Passion, drame japonais de Ryusuke Hamaguchi, 2018, 1h55. 

film très contemporain autour des problèmes de couples. Des amis se rencontrent et un des trois couples annonce ses fiançailles. Le dîner terminé, les femmes rentrent chez elles mais les trois hommes décident d'aller visiter une ancienne amie commune.  Chacun d'entre eux révèle ses instincts face à cette jeune femme célibataire et libre de ses choix sexuels. Deux d'entre eux vont la revoir et l'un la prendra de force. Film à l'approche assez lente mais efficace curieusement.  

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24 mai 2019

Douleur et Gloire

Douleur et Gloire, drame de Pedro Almodovar, Espagne, 2019, avec Antonio Banderas, Pénélope Cruz pour les plus connus.

La vieillesse du personnage est évoquée à travers ses incapacités à se déplacer, ses douleurs, son retrait du monde, son indifférence face à ce qui autrefois l'animait d'ambition. Aujourd'hui, il est vieux, se laisse porter par l'eau. Il apparaît dans une piscine en train de se laisser bercer selon le principe d'Archimède. Dans l'eau, il entend les chants que sa mère et les femmes du village chantaient en étendant le linge sur les arbustes près de la rivière. Une référence à une vie simple, pauvre, mais commune, où sa mère et lui vivaient dans une cave creusée dans la craie. Son mari qui les avait précédés dans le village n'avait pas trouvé mieux. Le personnage vieillissant est incarné par l'acteur fétiche, Antonio Banderas, qui reçoit un acteur du film qui avait fait de lui un personnage en vue. Cet acteur avec lequel il était brouillé ne comprend pas cette invitation, il arrive d'ailleurs avec de l'héroïne qu'il sniffe et le cinéaste a envie d'essayer. Si bien qu'il devient dépendant et les flash back se multiplient. Il revoit sa mère en train de refaire cette cave et de l'adapter à une vie meilleure. Un garçon vient l'aider. Il est analphabète et elle lui propose de lui apprendre à lire en échange de travaux dans la maison. Le cinéaste, gamin, s'occupe de lui et en échange, le garçon le dessine car il est doué. Ce dessin; le cinéaste le retrouvera dans une galerie où il est exposé parmi d'autres oeuvres d'inconnus. Il l'achète.en souvenir de cet épisode de sa jeunesse. On file ainsi de scènes en souvenirs. Un film introspectif. A voir pour ce cheminement inattendu.

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02 mai 2019

Blanche comme neige

Blanche comme neige, drame d'Anne Fontaine, France, 2019, 1h30, avecLou de Laâge et Isabelle Huppert.

Claire est employée dans l'hôtel que dirige sa belle-mère, femme jalouse de cette fille magnifique, et qui commandite auprès d'une fille de l'Est le meurtre de Claire. Enfermée dans le coffre d'une voiture, la femme qui l'a kidnappée a un accident et le coffre s'ouvre libérant Claire qui s'échappe vers un village isolé en pleine nature et  qui rencontre plusieurs personnages masculins, dont Benoît Poelvoorde en libraire. Elle vit dans une immense maison où des jumeaux l'accueillent. Peu à peu, le désir sexuel la révèle à elle-même et sans calcul, elle s'offre tous les hommes qu'elle rencontre. Il n'y avait qu'une femme pour faire un film de ce type, reléguant à la marge les jugements de valeurs. La belle-mère incarnée par Isabelle Huppert est caricaturale, méchante, calculatrice, égoïste, un beau rôle. Celle-ci apprend que Claire est en vie et part à sa recherche, la retrouve mais comprend qu'elle ne peut pas la briser même si elle provoque un accident censé l'éliminer une fois pour toute. Un film délicieux au parcours érotique. 

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20 avril 2019

l'homme qui rit

L'homme qui rit, drame de Paul Leni d'après le roman de Victor Hugo, 1928, 1h56. Film en NB, muet sous-titré. à la Filmothèque du quartier latin.

Un enfant volé fait l'objet d'un commerce de la part de gitans qui déforment les enfants pour en faire des bêtes de cirque. En l'occurrence, ici, c'est un enfant de prince qui porte sur le visage la trace de son martyre, les cicatrices qui le font rire sans rire. Ainsi, il est vendu à des forains auxquels il s'attache et notamment à une petite fille qu'il sauve de la mort lorsqu'elle est encore bébé et lui enfant. Ils grandiront, lui avec ses cicatrices , elle, aveugle. Ils seront frère et soeur  que rien ne pourra séparer et pourtant, lorsqu'il grandira, il va retrouver son statut de prince, enlevé une seconde fois et remis à sa famille qui cherche à le marier à une intrigante pour la forturne qu'il représente. La morale de l'histoire veut que ce prince se retire de cette vie pour rendre justice à sa famille adoptive qui a gardé sa soeur et revenir avec eux en laissant derrière lui une famille qui ne touchera pas sa fortune. 

Cela ne vaut pas le livre de Victor Hugo, mais la restitution est assez proche. 

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