cinéma d'auteur

02 mai 2019

Blanche comme neige

Blanche comme neige, drame d'Anne Fontaine, France, 2019, 1h30, avecLou de Laâge et Isabelle Huppert.

Claire est employée dans l'hôtel que dirige sa belle-mère, femme jalouse de cette fille magnifique, et qui commandite auprès d'une fille de l'Est le meurtre de Claire. Enfermée dans le coffre d'une voiture, la femme qui l'a kidnappée a un accident et le coffre s'ouvre libérant Claire qui s'échappe vers un village isolé en pleine nature et  qui rencontre plusieurs personnages masculins, dont Benoît Poelvoorde en libraire. Elle vit dans une immense maison où des jumeaux l'accueillent. Peu à peu, le désir sexuel la révèle à elle-même et sans calcul, elle s'offre tous les hommes qu'elle rencontre. Il n'y avait qu'une femme pour faire un film de ce type, reléguant à la marge les jugements de valeurs. La belle-mère incarnée par Isabelle Huppert est caricaturale, méchante, calculatrice, égoïste, un beau rôle. Celle-ci apprend que Claire est en vie et part à sa recherche, la retrouve mais comprend qu'elle ne peut pas la briser même si elle provoque un accident censé l'éliminer une fois pour toute. Un film délicieux au parcours érotique. 

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20 avril 2019

l'homme qui rit

L'homme qui rit, drame de Paul Leni d'après le roman de Victor Hugo, 1928, 1h56. Film en NB, muet sous-titré. à la Filmothèque du quartier latin.

Un enfant volé fait l'objet d'un commerce de la part de gitans qui déforment les enfants pour en faire des bêtes de cirque. En l'occurrence, ici, c'est un enfant de prince qui porte sur le visage la trace de son martyre, les cicatrices qui le font rire sans rire. Ainsi, il est vendu à des forains auxquels il s'attache et notamment à une petite fille qu'il sauve de la mort lorsqu'elle est encore bébé et lui enfant. Ils grandiront, lui avec ses cicatrices , elle, aveugle. Ils seront frère et soeur  que rien ne pourra séparer et pourtant, lorsqu'il grandira, il va retrouver son statut de prince, enlevé une seconde fois et remis à sa famille qui cherche à le marier à une intrigante pour la forturne qu'il représente. La morale de l'histoire veut que ce prince se retire de cette vie pour rendre justice à sa famille adoptive qui a gardé sa soeur et revenir avec eux en laissant derrière lui une famille qui ne touchera pas sa fortune. 

Cela ne vaut pas le livre de Victor Hugo, mais la restitution est assez proche. 

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15 avril 2019

La mule

La mule, drame de Clint Eastwood, EU, 2018, 1h56, avec Clint Eastwood, Bradley Cooper, Taissa Farmiga et Andy Garcia.

Earl, chef d'entreprise de culture de fleurs éphémères, n'a aucun sens de la famille mais il apparaît dans une des cérémonies familiales. Il est aussitôt rejeté fortement. Cependant, il alluma la curiosité d'un homme qui va lui recommander de rejoindre une organisation lui permettant de faire ce qu'il sait le mieux faire : conduire et gagner de l'argent. Comme il met la clé sous la porte après avoir gagné un prix à propos de la fleur la plus belle, il contacte sans le savoir un cartel de la drogue qui lui confie un premier transport de cocaïne d'un point à un autre. La somme d'argent empochée sans faire aucun effort lui donne le goût du risque et il repart pour une seconde livraison avec laquelle il paiera à son association d'arboriculteurs des travaux essentiels. De fil en aiguille, les transports rapportent beaucoup et il passe son temps à l'hôtel, entouré de filles. Le boss du cartel veut voir le fameux Tata comme le nomment les hommes. A 80 ans, il fait figure de héros et personne ne lui fait de mal, n'ose pas lui faire de mal. Cependant, la brigade des stups fait son enquête après avoir mis la main sur un trafiquant qui leur livre des indications sur le trafic. Car Tata passe de très grosses quantités de cocaÎne alros que la brigade n'arrive à mettre la main que sur d'infimes quantités. La chasse est donc ouverte sans que Earl dit Tata ne s'en aperçoive. Sa famille bénéficie de ses largesses sans comprendre comment il fait pour obetnir autant d'argent. Le seul désir qu'il a est de se réconcilier avec cette famille. Et il y arrive au prix de sa liberté.

C'est un film très bien mené, dynamique et drôle avec une fin digne des grands films d'Eastwood. 

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Ray & Liz

Ray & Liz, drame de Richard Billingham, RU, 2018, 1h48. Vu au Reflet Médicis à Paris.

Dans la banlieue de Birmingham 1980. Une famille essaie de survivre avec la pension du père, des travaux de broderie de la mère de groupes de Heavy Metal sur des vestes de Jean's. L'un et l'autre ne sortent pratiquement jamais de leur petit appart, lui toujours couché et buvant de la bière que lui apporte un grand barbu, et elle fumant cigarette sur cigarette sans le moindre souci pour sa ligne. C'est le quart monde réel et le quotidien de gens qui tournent en rond. L'avenir complètement improbable, inimaginable. Ne pas toucher à l'alcool était la règle sauf quand le fils joue un tour de cochon à un géant qui garde le petit en le saoulant à mort. Scène hallucinante et triste, curieusement sans trop de violence. Un univers très difficile mais réaliste. Ca remet les pieds sur terre. 

A voir pour une réalité presque oubliée.

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14 avril 2019

Le vent de la liberté

Le vent de la liberté, drame de Michael Herbig, Allemagne, 2018, 2h. 

Les Allemands de l'Est sont séparés de leurs proches par le jeu de la frontière matérialisée par le fameux mur à partir de 1961. Certains cherchent à passer à l'ouest dont ils voient du haut d'un monument briller les lumières. Ils ne rêvent que d'une chose, rejoindre l'ouest et leur famille. Ce qu'essaient de faire les personnages du film, un couple qui se veut sans histoire aux yeux de leur voisins, membres de la Stasi. Donc, à l'aide d'un ballon, ils vont essayer de s'envoler et de passer la frontière mais tombent dans un bois à 200 mètres de la frontière et arrivent à rentrer chez eux sans se faire voir.  Ils vont demander de l'aide à leurs amis et refaire un ballon. Pour cela, il leur faut du tissu qu'ils vont acheter dans toutes les villes proches, chacun leur tour pour ne pas éveiller l'attention de la Stasi alertée qui recherche activement ceux qui n'ont pas réussi à s'échapper la première fois. La tension est extrême dans le film et on tremble pour eux d'autant que l'un des adolescents a une petite histoire avec la fille de leur voisin de la Stasi, que les espions questionnent les enfants dans les écoles sur l'activité des parents pour essayer de voir qui serait susceptible de fabriquer un ballon, une personne qui fait de la couture et une autre qui fabrique la mécanique et chasse aussi le propriétaire de la voiture bleue repérée la première fois avec une remorque. A deux doigts de les coincer, la Stasi les loupe car les candidats au départ réussissent et atterrissent en Bavière. 

film très fort sur le désir de liberté et sur l'ambiance incroyable qui régnait dans l'Allemagne de l'Est. Il est bon de se le rappeler. 

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Les oiseaux de passage

Les oiseaux de passage, drame de Ciro Guerra et Cristina Gallego. Colombie, 2018, 2h05. Vu aux 5 Caumartin à Paris.

Une famille réunie dans un paysage assez désertique, près de cabannes rudimentaires, les personnages installés dans des hamacs regardent danser une jeune fille qui à l'aide de voiles fait des effets de papillon sous le vent. Un public composé d'autres familles regarde. Un jeune homme, Rapayet,  se détache et vient dire qu'il veut faire de la jeune fille sa femme. Une dot est définie par la mère et le patriarche de la communauté, si élevée que le jeune homme n'a plus qu'à trouver des idées pour gagner de l'argent afin de donner 40 chèvres, 10 vaches et des colliers précieux qui lui sont réclamés pour devenir le mari de la belle jeune fille. Après avoir contacté des jeunes hippies qui cherchent de l'herbe, il va voir un cultivateur de marijuana et lui demande de faire le commerce de l'herbe qu'il va livrer aux hippies. Il les regarde fumer et vivre de façon libre et curieuse et se dit que c'est un business qui va lui rapporter. Ainsi commence pour lui une course à l'argent, confronté à d'autres clans qui en ont déjà fait leur business. Il gagne beaucoup d'argent d'un seul coup, s'entoure de gardes du corps armés, se marie avec la jeune fille après avoir doté la famille, et s'installe dans le désert dans une demeure digne d'un prince. Sauf qu'un des fils qui a grandi va vouloir la fille d'un autre clan qui se défend et déclenche une vengeance entre les clans. Au pays des trafiquants, rien n'est lisse et s'engage une guerre sans merci où tous autant qu'ils sont perdent tout et redeviennent bergers.

Le film relate les années 70 en Colombie où se met en place les clans de narcotrafiquants au niveau international. 

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05 avril 2019

Black Snake, la légende du serpent noir.

Black Snake, la légende du serpent noir, comédie de Thomas Ngijol, France, 2019, 1h22, au cinéma du Panthéon exclusivement., avec Thomas Ngijol, Karole Rocher et Edouard Baer.

Hilarant. Une fable africaine.Clothaire,  un sapeur (celui qui aime se saper) revient dans son pays voir son père adoptif, un vieux chinois, maître de kung Fu qui lui enseigne l'art de se défendre contre le dictateur qui fait régner la terreur dans le pays parcouru par des gangsters qui tuent le chinois; A son enterrement, alors qu'il le pleure, Clothaire est mordu par le serpent (qui n'est pas noir, mais jaune) qui lui confère une force phénoménale le transformant en superman. Ses copains sapeurs ne le reconnaissent plus, mais admirent sa force peu commune. Une journaliste s'interroge et veut intervenir lors d'une descente des gangsters dans la ville. Le dictateur rigole, il possède une arme qui va détruire l'ensemble des pays qui ne reconnaissent pas son pouvoir. Black snake réussit à le maîtriser. Intervient toujours auprès du dictateur, le diplomate français sous les traits d'Edouard Baer, qui lui dit que tout cela est de la poudre aux yeux jusqu'au moment où il est touché par une balle qui emporte un de ses yeux. Il termine mal et c'est la dernière image du film, il se traîne avec un pansement sur l'oeil. 

A voir pour l'univers africain de la sape, des croyances, des ambiances, le rôle du colonisateur qui met la pression. 

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Un homme fidèle

Un homme fidèle, comédie dramatique de Louis Garrel, France, 2018, 1h15, avec Louis Garrel, Leatitia Casta, Lili Rose Depp et Joseph Engel.

Je n'avais pas encore eu l'occasion de le voir, mais c'est un très beau film qui fait du bien, calme, et sympathique, loin des conflits de la société actuelle mais qui est d'actualité sur la vie des couples. Marianne annonce à Abel qu'elle est enceinte, mais pas de lui. Il l'interroge, de qui ? de Paul, lui dit-elle, leur ami. Elle les aime tous les deux. Mais elle lui demande de partir. Abel s'en va faire sa vie de reporter et ils ne se revoient que dix ans après, à l'enterrement de Paul. Joseph au regard lumineux est l'enfant qui pose des questions et qui soupçonne sa mère d'avoir empoisonné son père. Paul avait une soeur, Eve, qui a grandi dans l'espoir d'aimer Abel quand elle serait grande. Quand elle le revoit, elle le désire. Si bien qu'elle l'entraîne dans son sillage mais constate que ce qu'on obtient sans trop de difficulté deçoit et lui demande de partir. Abel se retrouve à la rue une nouvelle fois. Et rejoint Marianne. C'est un peu rapide, mais il faut le voir, c'est rafraichissant.

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Tel Aviv on fire

Tel Aviv on fire, comédie dramatique de Sameh Zoabi, Israël, 2018, 1h40.

On retrouve dans ce film des comédiens qui ont joué dans la série Hatufim, notamment celui qui jouait le rôle d'un super terroriste tuant le père d'un enfant dans une école, puis celui d'un homme qui commandait un centre de tortures au Sud Liban. C'est un plaisir de les voir évoluer dans d'autres rôles. Mais ils jouent  en tant que Palestiniens dans un feuilleton très populaire, regardé des deux côtés des murs et apprécié de tous les Israéliens. En fait, c'est l'histoitre d'un homme qui trouve un boulot de scénariste pour ce feuilleton parce qu'il parle hébreu et que les dialogues sont traduits en hébreu. Passant deux fois par jour par un check point, il demande à une soldate quelle est la meilleure traduction pour dire à une femme qu'elle est belle : doit-on dire "vous êtes une bombe ou vous êtes merveilleusement belle?". La soldate croit qu'il se fout d'elle, le fait descendre de voiture et là il à affaire à un commandant qui veut participer à l'écriture du scénario de cette série dont tout le monde lui parle, sa femme en particulier qui suit le feuilleton en famille. Il va même réussir à devenir acteur. Le soldat israëlien veut même dominer dans le feuilleton !

Disons que c'est un peu difficile à suivre, les subtilités des deux langues ne nous sautent pas aux yeux. 

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La lutte des classes

La lutte des classes, comédie de Michel Leclerc, France 2019, 1h30, avec Edouard Baer, Leila Bekhti, Ramzy Bédia, Eye Haidara, Xavier Alcan, Laurent Capelluto.

Tout tourne autour de ce couple formé par Paul et Sofia, moderne, convaincu et défendant bec et ongles les principes de la laïcité et de l'école publique. Ils vivent dans un immeuble qu'ils quittent bientôt pour habiter dans une maison qui a fait rêver Sofia dans son enfance : elle la voyait du haut de sa tour. Mais voilà, première discussion qui signe d'entrée de jeu ce que le film sera : Paul ne veut pas faire de bénéfice sur la vente de leur appart pour entrer dans la maison, c'est contraire à ses principes anticapitalistes. Sofia veut la maison et il dut céder sous sa pression, ce ne sera pas 400.000€ mais 399.999€. D'emblée, ce film dresse un catalogue de compromis qu'ils vont devoir faire pour vivre dans ce quartier et dans cette maison. D'abord à l'école, Corentin voit ses copains partir l'un après l'autre dans une institution catholique et reste le seul "blanc" parmi ses copains immigrés qu'il adore. Des histoires entrainent le directeur de l'école à demander à Corentin qui parmi ses copains fout le bordel. Corentin le dit et à partir de là, ses ennuis commencent. Les gamins le menacent et il a peur d'aller à l'école, fait la bleue comme on disait, ce qui alarme ses parents ne sachant plus quoi faire. Entre un père déjanté et une mère stressée et déterminée, le gamin ne sait plus sur quel pied danser. Les parents essaient à leur tour de le changer d'école laïque mais dans le fond, le gamin n'en veut pas. Il s'enfuie pour rejoindre ses copains et retourne dans son école. Là, bien entendu, les parents sont confrontés à toutes sortes de questionnement : pourquoi les gosses ne s'intéressent pas au cinéma. Paul a une réponse : leur dire que c'est défendu et ils trouveront le moyen d'y aller gratuitement. etc etc. 

Ce film est hilarant du début à la fin. La prestation des comédiens est remarquable, Edouard Baer se surpasse et c'est une joie extrême que de le voir habiter ce personnage déjanté. Les convictions politiques que développe le film en font un petit bijou de références citoyennes. Bon film. 

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