cinéma d'auteur

19 avril 2018

9 doigts

9 doigts, drame de F.J. Ossang, avec Paul Hamy, Pascal Greggory, Gaspard Ulliel.

Un homme fume une cigarette la nuit quelque part au milieu des trains à quai. Il s'enfuit à l'approche de policiers, on ne sait pourquoi, et tombe sur un blessé au bord de l'agonie qui lui tend un sac où se trouve une grosse somme d'argent. S'il croit pouvoir en profiter, il est loin de la réalité à laquelle il doit faire face :car des hommes se lancent à ses trousses, le rattrapent et et l'obligent à les suivre  sur un cargot où se trouvent des personnes maléfiques. Arrive au bout d'un moment un médecin, mystérieux qui repart aussitôt.

Film on ne peut plus curieux, tourné en noir et blanc. On ne sait rien des intérêts des uns et des autres. Mystérieux et inhabituel, le film est à voir pour sa réalisation esthétique et comme film noir.

Posté par philou89 à 09:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Atlal

Atlal, documentaire de Djamel Kerkar, Algérie, 2016, 1h51.

La vie de jeunes gens dans un paysage dévasté par la guerre, plongée dans le terrorisme algérien des années 1990.  Une désespérance marque ces jeunes gens dont l'avenir n'apparaît pas au bout du chemin. Rien dans ce paysage ou dans leur vie ne semble répondre à leurs attentes qui semblent toutefois modestes et très traditionnelles. On sent comme une acceptation de leur sort, une fatalité. Monde masculin autour d'un feu de bois dans des ruines. L'Algérie du bled, l'ennui des jeunes gens, aucune perspective, aucun travail, même pas la foi. Aucune discussion à propos de la tragédie que le village a vécue. Une vraie désolation, mais il n'y a pas de violence. La recherche de leur solution les préoccupe sans en entrevoir le véritable chemin pour y parvenir. Profonde tristesse devant cette incapacité à réagir ou devant le désert social. Ils fument de l'herbe, une façon d'oublier leur sort. Leurs pères reconstruisent les maisons à leur rythme, patiemment, et déblaient les ruines. Très émouvant.

Posté par philou89 à 09:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Inhérent vice

Inherent vice, comédie policière de Paul Thomas Anderson, EU, 2014. 2h29. avec Joachim Phoenix.

Période hippie mais loin du flower power. On est dans l'arrière cour de ce mouvement, entre drogue, sexe et profit. Car à qui profite tous les trafics ? Un détective indépendant joué par Joachim Phoenix, tente de retrouver une jeune femme avec qui il avait été en relation intime à un moment donné. Il s'aperçoit qu'un magnat de l'immobilier est aussi porté disparu et qu'il serait susceptible d'avoir connu la jeune fille de près. De fil en aiguille, le détective enquête auprès d'un cabinet dentaire qui tire partie de la dégradation physique des drogués et qui est au coeur sans doute de la piste pour retrouver et le magnat et la jeune fille. Au bout d'un moment, la jeune fille réapparaît, souriante, se donnant sans retenue au détective et symbolise la libération sexuelle et confuse de l'époque peace and love. Il découvre aussi que la magnat fait une cure de désintoxication dans un centre discret. Tout le film tourne autour de cette ambiance entre confusion et plaisir. 

Il ne faut pas s'attendre à de l'action, c'est tout l'inverse. Il faut se préparer à assister à une sorte de road movie dans le paradis hippie d'arrière cour.

Posté par philou89 à 08:46 - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 mars 2018

Wonder Wheel

WONDER WHEEL, drame de Woody Hallen, EU, 2017, 1h41, avec Kate Winslet, James Belushi.

Sur Coney Island en 1950. Un très jolie jeune femme y arrive et cherche son père qui tient un manège et loge dans le parc d'attraction. Elle est mariée à un gangster auquel le père s'était opposé fermement au point de ne plus vouloir la revoir, à jamais. Mais voilà, elle l'a quitté après l'avoir dénoncé aux flics, et lui et sa bande la poursuivent. Se réfugier auprès de son père qui ne l'avait plus revue depuis 5 ans était le meilleur refuge à ses yeux et la préservait de son mari. Elle tombe dans la famille recomposée de son père amoureux d'une femme frustrée, n'ayant pas réussi dans la comédie et étant devenue serveuse d'un bar dans le parc d'attraction. Cette femme a un petit garçon qui met le feu partout où il trouve cela amusant et commet parfois de vrais dégâts. Ces petites scènes sont sans rapport avec le scénario. C'est seulement drôle. A côté de cela, la fille du père est finalement acceptée dans la famille et elle devient serveuse comme sa belle-mère qui entre temps fait la connaissance d'un plagiste dont elle tombe éperdument amoureuse. Il lui avoue un amour indéfectible, lui offre une bague, etc. C'était sans compter avec la rencontre de la belle-fille qui le fait changer d'avis sur l'amour qu'il vouait à la belle et unique Kate Winslet dans ce rôle. Elle en devient jalouse, forcément et lorsque les gangsters à la poursuite de la belle-fille sont là, elle ne l'avertit pas et la laisse se faire enlever. Amour et vengeance. Ce film est un hymne à la femme, dans la splendeur des lumières du soleil dans leur chevelure. Un vrai film d'amoureux. 

Posté par philou89 à 12:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]

OH LUCY

OH LUCY, fiction, de la réalisatrice Atsuko Hirayanagi, Japon-EU, 2017, 1h35.

Sous la timidité se cache une envie de vivre formidable. C'est ce que vit le personnage de Setsuko, une femme à la vie solitaire et sans émotion, qui travaille dans un bureau où tous ses collègues sont très passifs, obéissants. Et puis, il y a sa nièce Mika qui un jour lui dit d'aller prendre des cours d'anglais qu'elle a payés et qu'elle ne peut plus suivre et lui en fait cadeau. D'abord stupéfaite par la proposition, Setsuko y va et trouve là une ambiance dont elle ne pouvait soupçonner l'originalité : un professeur américain lui propose de se décontracter avant de passer au cours par des accolades, gestes inexistants dans l'espace public japonais, et encore moins avec des étrangers.De plus, il l'affuble d'une parruque blonde et l'appelle Lucy. Elle se laisse faire et y trouve un bonheur qu'elle n'aurait pas imaginé. L'anglais lui apparaît donc comme une langue formidable. Cependant, le professeur un jour n'est plus le même,remplacé par un Japonais. Elle n'arrive pas à se concentrer, tellement déçue de ne plus voir l'américain dont elle est tombée amoureuse. Elle va revoir sa nièce Mika pour lui dire qu'elle arrêtait le cours mais ne la trouve pas. On lui dit qu'elle était partie pour l'Amérique. Du coup, elle décide de partir, donne sa démission à son boulot et s'embarque avec sa soeur pour retrouver John, le professeur. Quand elle le trouve, il a été largué par Mika, il n'est pas dans la meilleure des formes, n'est plus le brillant professuer qu'elle a connu. Setsuko croyant la place libre essaie de se "placer". John la rejette et là, elle comprend que l'amour n'est pas au rendez-vous. 

Posté par philou89 à 11:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]


30 janvier 2018

La fiancée du désert

La fiancée du désert, drame de Ceclia Atlan, Argentine, 2017, 1h18.

Une femme, en route pour un nouvel emploi est en train d'attendre un bus en panne. Elle doit justifier son retard auprès de ses nouveaux employeurs qui lui demandent si elle va bien les rejoindre. En attendant, elle déambule dans un petit marché local au milieu de stands de vêtements. Là elle est invitée à essayer une robe dans l'arrière d'un mobile car. Le temps de l'essai, une tempête se déclare et tous les vendeurs de la place rembarquent leurs marchandises. Le vendeur de la robe lui demande de partir très vite, affolé par l'arrivée du vent. La femme oublie son sac à l'intérieur du car. Commence alors pour cette pauvre femme digne un parcours du combattant pour retrouver ce bonhomme et son car avec son sac. Après une nuit à la belle étoile, elle parvient au bout d'un long cheminement, à retoruver le bonhomme en question qui lui avoue avoir fait exprès de garder le sac, sachant très bien qu'elle parviendrait à le retrouver. Il a eu pour elle une espèce de coup de foudre et espérait bien la voir. Elle le repère dans un village du désert  et il l'emmène chez lui après avoir fait une halte devant une madone au bord d'une route. Ils vont vivre un amour éphémère, mais pour eux, c'est exceptionnel et inattendu.. Elle part au petit matin en laissant à la madone de la route une offrande en guise de remerciement pour l'amour qu'elle a vécu avec cet homme.

Ce n'est pas la première fois qu'une telle histoire est racontée où l'âge des personnages donne l'idée d'un scénario sur l'amour, le dernier qui se vit un peu comme un don du ciel. Il faut y voir une histoire humaine simple et magnifique.

Posté par philou89 à 11:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Un homme intègre

Un homme intègre, drame de Mohammad Rassoulot, Iran, 2017, 1h57.

Un homme tranquille élève des poissons dans sa propriété. Sa femme est institutrice. Ils forment un couple moderne et respectueux dans ce sud de l'Iran. Pourtant, ils ont affaire à des pressions de toutes sortes et on constate qu'il est difficile d'être paysan sans être la cible de gens corrompus. Cet éleveur refuse de donner des pots-de vin pour retrouver l'usage de l'eau, élément vital pour ses poissons. Conséquence : l'eau est coupée et les poissons se meurent. Cet homme essaie par tous les moyens de rétablir l'eau mais doit faire face à la violence de ceux qui veulent ses terres. Sa femme intervient auprès de l'administration sans obtenir quoi que ce soit. On leur demande de partir, ce qu'ils refusent. Finalement, le feu est mis à leur propriété, ils sont obligés de partir. un film fort et courgeux.

Posté par philou89 à 11:33 - Commentaires [0] - Permalien [#]

15 novembre 2017

A l'ouest du Jourdain

A l'ouest du Jourdain, documentaire d'Amos Gitaï, Israël, France, 2017, 1h24.

Retour du réalisateur  qui n'avait pas visiter le pays depuis 1982. Le réalisateur va à la rencontre des habitants des territoires dits occupés, peuplés par des Israëliens et des Palestiniens. Il va de surprise en surprise. Et se rend compte que ce sont les petites rencontres entre les habitants qui changeront le pays et inciteront les habitants à la réconciliation. Parce que si on interroge les gens individuellement, ils restent sur leurs rancoeurs. Un jeune homme palestinien notamment qui dit vouloir mourir en martyr. Amos lui dit que la vie est belle et lui demande pourquoi il veut mourir, il n'y a qu'une réponse, je veux être martyr. 13 ans, il n'a que 13 ans. Ca en dit long sur la prise de tête de sa communauté. Mais sinon, on ne sent pas d'animosité d'une communauté par rapport à l'autre. C'est plutôt dans la réconciliation que les gens sont en train de faire le chemin. Ils estiment qu'il y a eu assez de morts jusqu'à présent des deux côtés. A une réunion de femmes des deux camps, chacune raconte la mort des enfants et pleurent. Leur chagrin les lient à jamais et la souffrance est palpable d'un côté comme de l'autre. 

Cette histoire de territoires est assez incompréhensible. Il n'y a pas de frontières réelles, ce sont des lignes sur un plan et c'est d'autant plus incroyable que les territoires dits occupés se trouvent dans la partie la plus historique qui soit pour le peuple juif et je dirais même pour les chrétiens. Que viennent faire là les Palestiniens? Tout ceci a été constitué bien après 1967. Naplouse a été le siège de Yasser Arafat. Historiquement, les Palestiniens sont des Syriens, des tribus nomades. Quand les premiers Juifs sont revenus, il n'y avait aucun habitant sur les terres qui ont pu être achetées à l'Etat Ottoman qui régnait à l'époque. En tout cas en ce qui concerne les territoires. Et cela ne s'appelle pas colonisation, même si Ben Gourion à son époque employait ce mot pour dire implantation non pas d'un état mais d'un centre national juif. L'histoire a fait dériver le concept si bien qu'aujourd'hui, il vaut mieux admettre un pays avec deux états pour que chacun puisse y propsérer à sa façon.

Posté par philou89 à 15:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Carré 35

Carré 35, documentaire d'Eric Caravaca, France 2017, 1h07.

Ce n'est pas un documentaire ordinaire. C'est plutôt un film qui reconstitue une histoire, celle de la famille de l'acteur réalisateur qui va chercher à l'aide d'archives à comprendre les mystères qui entourent certains actes dans la famille, comme celle de nier la maladie de la petite fille trisomique morte à 3 ans. Il s'aperçoit que les malades mentaux sont entourés de non-dits et une scène assez éprouvante pour le spectateur montre de façon précise une salle d'hôpital où sont allongés chacun dans un lit des malades atteints de maladies mentales, de malformations, en somme des anormaux. Zoom sur plusieurs d'entre eux. La voix off dit que le désir profond des gens qui ont un malade de ce type dans leur famille est de souhaiter la mort de cet être qui ne peux vivre normalement. La mère du réalisateur alors âgée nie avoir eu une enfant anormale, dit qu'elle était vive, joyeuse, et qu'un jour, elle est morte. Elle ne dit pas non plus à quel âge, ni où. Elle dit avoir déchiré toute trace, photo, papier, que tout cela est inutile et qu'elle n'en avait pas besoin. Qu'elle n'est jamais allée sur sa tombe et d'ailleurs elle précise qu'il n'en existe aucune. L'époque troublée par la guerre coloniale en Algérie, retour de la famille au Maroc et départ en France, changement de ville souvent, instabilité. Après la petite fille sont nés deux garçons normaux ceux-là dont le réalisateur.

On se promène avec lui devant la maison marocaine entourée de murs blanchis à la chaux d'où dépassent les roseaux, typiques paysages marocains de l'époque coloniale. Des bouts de films où l'on voit ses parents se marier, jeunes et insouciants, faire la fête. La petite n'apparaît presque pas ou jamais. Alors il interroge ses cousins, ses tantes et oncles, ses grands-parents. Finalement, un de ses cousins lui raconte qu'il a vu arriver sa mère avec la petite trisomique à Casablanca car elle ne pouvait plus la garder en France avec elle. Il lui raconte aussi qu'un jour, il est entré dans sa chambre et croyant qu'elle dormait s'est inquiété et a prévenu sa famille qui constate le décès de la gamine. A la fin du film, on voit qu'il a réussi à emmener sa mère sur la tombe de la petite fille.

Film essentiel mais très éprouvant, magnifique de sensibilité. 

Posté par philou89 à 14:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Mise à mort du cerf sacré

Mise à mort du cerf sacré, drame anglo-irlandais de Yorgos Lanthimos, 2017, 2h01, avec Colin Farrell, Nicole Kidman, Raffey Cassidy.

Une opération à coeur ouvert commence le film. On est au coeur du métier du chirurgien, si on peut dire. Une équipe termine le travail et recoud les tissus. Le chirurgien s'en va. Il rencontre un jeune homme venu le voir à l'hôpital et qui lui pose la question de sa responsabilité en tant que chirurgien. Celui-ci avoue que c'est plutôt l'anesthésiste qui est responsable de la mort des gens mais non le chirurgien, jamais. Il avait opéré le père du jeune homme qui est mort sur la table. Le chirurgien s'en défend mais n'arrive pas à convaincre le jeune qui a vu sa vie basculer et surtout celle de sa mère. Il est invité dans la famille du chirurgien où il voit que le bonheur qui y règne ne sera jamais le sien. Il propose au chirurgien de venir alors chez lui se rendre compte de leur dénuement psychologique. En fait, il y a tout une approche subtile qui va se réaliser entre cette famille démunie et celle du chirurgien, une approche malsaine ressentie par la femme du chirurgien. Le jeune homme décide d'offrir à sa mère un nouveau mari en lui présentant ce chirurgien qui n'en veut pas et les blesse par son refus. Le chirurgien a deux enfants, la fille tombe amoureuse du jeune homme, le garçon tombe paralysé des deux jambes, sans raison et après de multiples examens, aucun diagnostic ne permet d'évaluer le mal. La fille tombe paralysée à son tour. On comprend qu'il y a une malédiction jetée à leur égard et le chirurgien convoque le jeune homme, le retient dans un sous-sol, le frappe, devient violent. Il faut dire que ce jeune homme a comme un air abruti tout le long du film. Mais il lui dit qu'il faut un sacrifice. Le garçon paralysé commence à saigner des yeux et meurt. Est-ce que cela venge le père  ? 

Posté par philou89 à 12:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]