Les destinées d'Asher, drame israëlien de Matan Yair, 2018, 1h28.

Un père élève seul son fils et veut qu'il lui succède à la tête de son entreprise de BTP. En même temps, ce fils continue ses études, il doit passer son bac et désire le réussir malgré les injonctions de son père qui l'invite à ne penser qu'en termes de travail dans l'entreprise. Ce jeune homme rencontre cette année-là le professeur de philo et c'est une révélation. Sauf que ce jeune est plutôt très énervé, excité en permanence, insupportable et provoque des ambiances détestables dans l'école et dans sa classe, empêchant tous les autres de travailler dans le calme. On est loin de l'idéal des pionniers, de la douce ambiance des kibboutz, non, ici, c'est la dure réalité de la vie en Israël comme partout dans le monde : le ras-le bol permanent de certaine catégorie de population qui se sent frustrée, une confrontation entre deux générations, celle qui a bâti et celle qui veut s'épanouir culturellement, celle qui veut se faire de l'argent et celle qui veut faire ce qui lui plaît. Quand le père offre à Asher un tee-shirt, et qu'il le voit sur le dos d'un Palestinien, son sang ne fait qu'un tour. Non seulement, il lui arrache le vêtement et lui fait avouer qu'il l'a acheté dans un magasin en solde. Cette dérive montre l'absurdité des relations au quotidien avec les Arabes, nommés comme tels. Une réalité. Mais quels sont les sujets que ces jeunes gens aimeraient aborder avec leur père ? C'est ce qui leur est proposé par un prof de philo.

Le professeur de philo, Rami, a la vie dure dans cette classe où les jeunes gens sont deux fois plus grands et forts que lui. Ils sont menaçants, agités en permanence, ne respectent pas le prof. Une image très difficile. Et ce prof se suicide à 41 ans. Asher en est choqué, le bac est dans quelques jours. Il veut comprendre les raisons de cet acte, veut rencontrer la femme du prof et va dans son appartement en grimpant par les balcons. Il fouille les papiers pour voir s'il a laissé une lettre qui expliquerait son geste. Il retient une phrase qu'il ressort devant la femme qui va l'accuser de violation de domicile. Asher se dispute avec la prof qui succède à Rami la traitant d'incapable et d'autres injures. Va trouver la directrice de l'établissement, l'invective, sans gêne. Entre temps, il passe les épreuves du bac. On ne sait pas s'il les réussit. Mais il va devoir s'expliquer devant les juges.

On peut y voir du symbolisme autour des échafaudages que le père lui fait monter. Je ne suis pas convaincue. Et je trouve que le film est trop violent et montre surtout qu'il est aussi difficile d'être prof en Israël que dans n'importe quel quartier difficile du monde.