Inertia, drame d'Idan Hagel, Israël, 2016, 1h15.

Une femme dans un lit se réveille en hurlant. La place à ses côtés est vide. Son mari n'est pas rentré. Elle l'avait appelé en laissant des messages. Six mois après, elle en a marre de ne pas avoir de nouvelles et brûle ses vêtements après avoir essayé de les donner à des oeuvres caritatives qui n'en voulaient pas étant trop débordées et très peu aimables, à croire que le nombre de disparus ou de décès entraînent les familles à avoir les mêmes réflexes. La mère de cette femme l'attend un jour au bas de l'immeuble pour aller déposer des fleurs sur une épave de bateau qui sert de cénotaphe à son mari défunt ou perdu en mer. On ne le saura pas. Mais mère et fille n'ont pas l'air très unies. La mère a un langage très méprisant, vulgaire, dérangeant à propos de la disparition de son gendre.  La fille ne relève pas mais n'en pense pas moins. Elle va enquêter auprès des anciens camarades de travail de son mari qui avait un poste de directeur des entrepôts maritimes, un poste à responsabilité. Personne ne l'a plus revu. Un jour, elle prend un téléphérique qui la descend à la mer et va se promener sur la plage. Assise sur un banc, elle est rejointe par un homme qui passait par là. Une drague minimale et on les voit repartir ensemble, puis dans une chambre le lendemain matin. L'homme, un vrai goujat ne lui offre même pas un café et lui demande de partir, il attend ses enfants qu'il garde une fois de temps en temps. Sur le chemin du retour, elle remarque une silhouette qui lui est familière. Elle s'approche, c'est son mari qui a l'air complètement à l'ouest ou qui joue, elle ne le sait. De retour chez eux, elle s'aperçoit qu'il n'est plus normal et elle qui pensait en être débarrassé se voit soudain plongée dans une vie de merde.

Ce film montre un quoditien banal d'une femme dans un des immeubles qui fleurissent là-bas en Israël, où les gens sont aussi isolés que partout dans le monde industrialisé, où les relations humaines laissent à désirer. Des villes nouvelles sans âmes. On est loin du rêve des kibboutzim.