Vivre sa vie, drame de Jean-Luc Godard, France, 1962, 1h40., avec Anna Karina.

En une quinzaine de tableaux, le cheminement d'une jeune fille qui court à sa perte. Dans ce Paris des années 60, l'avenir des jeunes n'est pas meilleur que celui d'aujourd'hui. S'il y a du travail, c'est un travail très peu payé et d'ailleurs cette jeune fille qui est vendeuse dans un magasin de disques ne le sait que trop bien : elle ne peut pas payer son loyer et se retrouve à chercher un abri. Paris est une ville noire, les bâtiments sont sales, les rues sont vides, peu de voitures, on est encore dans l'après-guerre, l'air de rien. Les mentalités sont étriquées et la jeunesse impatiente, comme toujours. On est encore dans un langage poli et bienveillant, les gens sont éduqués. Les gens parlent bien mais il n'empêche qu'ils sont tout aussi tordus, sinon plus que maintenant où la violence des rapports est dans un quotidien inquiétant. Alors, cette jeune fille n'arrive pas à se faire prêter l'équivalent de 20€ pour payer son loyer. Elle va donc coucher avec un mec pour passer la nuit. Elle rencontre une de ses copines qui tapine et de fil en aiguille on la voit se mettre sur le trottoir avec un protecteur qui la surveille. Mais voilà qu'elle tombe amoureuse et veut quitter son mac et le trottoir. Elle finit dans le caniveau, le mac l'ayant vendue à d'autres. Comme elle ne veut rien entendre, elle prend la balle qui était destinée à son ancien mac. Ainsi finit la vie de cette jeune fille qui voulait vivre sa vie.