Les innocentes, drame d'Anne Fontaine, France Pologne 2016 (1h40) avec Lou de Lâage.

Avec tous les commentaires qui ont été faits sur ce film, on s'attend à des viols terribles. Mais une femme qui filme ne va pas donner à voir automatiquement la violence de tous les actes. Ici, les religieuses de ce couvent sont presque toutes très jeunes. Elles reviennent d'un séance de prières, on les voit de dos quand des cris se font entendre, suggestifs, la souffrance s'exprime. L'une des religieuses, sans se faire remarquer, file à l'extérieur du couvent chercher de l'aide. Des enfants qui jouent dehors par un froid glacial et dans un paysage très enneigé l'aident à trouver un médecin au centre de la Croix rouge installé là pour rapatrier les blessés français en 1945. Une femme médecin, Mathilde, après hésitation, et devant la détermination de la religieuse, la suit au couvent. Elle y découvre la détresse mais aussi la peur des révélations. Pratiquement toutes ont été violées par des soldats russes au moment de la libération du pays. Pour accéder aux soins, les filles doivent se laisser ausculter alors qu'il leur est interdit de se découvrir.  Mathilde parvient avec l'aide de la soeur proche de la supérieure à examiner et à opérer la jeune femme pour mettre un terme à ses souffrances, l'enfant vient au monde. Il disparaît dans l'heure qui suit. La mère supérieure veille au rétablissement de la sérénité, mais hélas, les filles ne sont pas au bout de leurs peines puisque l'une après l'autre, elles se révèlent mères à leur tour. C'est un film qui condense un nombre terrible de scènes dramatiques. D'une part, la vie continue à travers l'histoire de Mathilde, femme et médecin qui aiguise la convoitise d'un chirurgien, et de celle du couvent où les filles vivent avec intensité la découverte de la maternité qu'elles avaient justement fui auparavant dans le recueillement. Grâce sa fin heureuse, le film basé sur une histoire vraie, rend l'intensité très crédible, je vous laisse la découvrir.